Les insectes passent à table

    Dans la continuité de nos recherches sur la consommation des insectes, et curieux de cet univers culinaire, tous les collaborateurs de Chefs and Flo se sont invités à l’exposition « les insectes passent à table » du Jardin des Plantes, à Paris, réalisée par Jean-Guy Michard, maître de conférence au Musée d’Histoire Naturelle.

    Visuel Exposition

    Dans une première salle, nous découvrons plusieurs catégories d’insectes, leur mode de fonctionnement, leur classification et leurs particularités. Nous sommes ainsi plongés dans la réalité de la chaine alimentaire : les insectes représentent une source de nourriture et sont eux-mêmes de réels prédateurs. Chacun possède sa propre identité en matière de survie et de chasse. La scénographie et l’éclairage renforcent alors cette immersion dans cet univers inconnu et surprenant.

    Dans la deuxième salle, nous nous retrouvons au cœur du sujet : la consommation des insectes à travers le monde. Les chiffres nous éclairent ; 1400 espèces d’insectes consommées dans plus de 113 pays. L’entomophagie, qui reste pour les européens un réel tabou et une véritable barrière psychologique, constitue pour d’autres cultures des coutumes aux aspects bien différents.

    Au Mexique, les punaises Jumiles sont sacrées et consommées depuis l’époque Aztèque. Récoltées en grande quantité pour la fête des Morts, elles sont frites, grillées, transformées dans une sauce pimentée ou mangées vivantes. Les criquets « Chapulines » sont également consommés depuis plus de 500 ans avec la même vigueur.

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    En Chine, les cigales rouges, sous forme de poudre sont utilisées comme remède tonique pour améliorer le système nerveux et la circulation sanguine. Des fourmis guériraient même les rhumatismes et certains problèmes immunitaires.

    Toujours en Chine, et dans de nombreux pays, nous découvrons que les insectes peuvent représenter un luxe. Les larves de cigales sont alors présentées dans des bocaux, à la façon de notre célèbre caviar. Une fois frites, elles deviennent alors un authentique met de choix.

    Nous sommes par la suite confrontés à la réalité de cette consommation dans d’autres régions : échapper à la famine et contourner la malnutrition. La FAO propose ainsi des cultures pour leur permettre l’autosuffisance. Les cultures demandent peu de moyen et apportent une grande rentabilité. Une manière efficace de contribuer à l’équilibre social et économique de ces pays en difficulté.

    Au-delà de l’aspect nutritionnel et écologique, découvert précédemment dans nos recherches antérieures, nous constatons que les insectes offrent aussi des qualités gustatives : la punaise géante a le goût de gorgonzola, les punaises aquatiques en poudre ressemblent à la sauce traditionnelle nuoc-nâm, les brochettes de vers de palmier grillés, dégustées en Afrique, en Asie et en Amérique tropicale, ont un goût qui s’apparente au poulet ou à la crevette.

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    Notre dernière surprise est de découvrir les insectes dans de multiples mises en scènes : larves d’abeilles cuites dans de la sauce soja, boites de conserves de vers de bambou, larves de punaises en sachet, boissons et vin au frelon, chrysalides et des papillons…. Des livres de cuisine nous sont même proposés comme de véritables institutions.

    La conclusion est alors sans appel : Si la question de  manger des insectes se pose dès à présent, il est fort probable  que  cela devienne une évidence et une réelle nécessité dans les années à venir. Nous n’avons donc plus aucune raison de refuser l’initiation à cette  consommation ! Ecologiquement responsable, socialement et économiquement favorable pour les populations, nutritionnellement bénéfique, et gustativement varié, nous ne pouvons plus reculer devant l’entomophagie.

    Après notre excursion à cette exposition, nous avons alors soumis un questionnaire aux visiteurs du jardin des Plantes.

    Sur la totalité, 54% sont des hommes et 46% sont des femmes. La majorité des personnes interrogées n’avaient jamais consommé d’insectes et ceux dont l’occasion s’était présentée nous ont confié les insectes alors découverts : fourmis, araignées, larves pour les hommes et criquets, grillons, punaises pour les femmes.

    Comment les français seraient prêts à consommer des insectes?

    Les différentes manières de consommer des insectes

     

    Graphique représentant les insectes que les français seraient prêts à consommer

    Quels insectes seriez vous prêts à consommer?

     

    Ces expériences ont principalement été réalisées dans un cadre personnel (curiosité) pour les hommes et entièrement culturel (voyages)pour les femmes.

    Pour les moins téméraires, dont la découverte des insectes reste future, on peut constater que la raison qui domine, commune aux deux sexes, est la raison psychologique. S’en suit alors la raison visuelle, sanitaire et enfin, en dernière position, gustative. Nous apprenons par la suite que les femmes comme les hommes seraient prêts à en manger essentiellement pour des raisons nutritionnelles mais aussi écologiques et économiques.

    Raisons qui motiveraient les français à consommer des insectes

    Pour quelles raisons seriez vous prêts à consommer des insectes?

    Nous découvrons l’ordre des insectes qu’hommes et femmes préfèreraient manger s’ils avaient le choix : sauterelles, fourmis, teignes et enfin punaises qui répugnent globalement tous les interrogés.

    Dans l’ensemble, personne n’est capable de manger les insectes vivants ou morts et préfèrent les déguster cuits ou en poudres, en condiments. Hommes et femmes préfèreraient qu’ils soient dissimulés dans la préparation, même si les hommes ne sont pas contre l’idée de les appréhender gustativement.

    Pour notre plus grand bonheur, hommes et femmes pensent en majorité pouvoir relever le défi grâce et avec nous !

     

     

     

     

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